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VILLES & TOILES DONNE LA PAROLE AUX FEMMES

Publié il y a environ 2 ans

Pour cette onzième et dernière édition Villes & Toiles, l’association Préfiguration a braqué son projecteur sur les femmes, créatrices, initiatrices d’un autre regard sur la ville. Franck Senaud, plasticien et professeur à l’origine de cet événement, nous parle du festival de septembre qui réunit expositions, conférences, Street Art, projections et rencontres avec des artistes. Dernière édition mais pas la moindre !

Pourquoi avoir choisi le thème des femmes dans la ville ?

Le regard des artistes nous permet de changer notre propre vision sur le milieu urbain. La preuve ? La compagnie de théâtre de rue Royal de luxe ou la Folle Journée ont modifié le regard que nous portons sur Nantes. La ville paraît soudain éminemment avant-gardiste, vivante et créative. Les artistes façonnent la cité, lui insufflent leur énergie et en modifie même la topographie. En consacrant cette ultime édition aux femmes, nous voulions donner l’occasion aux créatrices de nous offrir leur propre vision du monde d’aujourd’hui. Nous les regardons en train de regarder le monde et nous transmettre leur observation, leur création, interpeller les institutions. Beaucoup d’entre elles disent : « Nous en avons assez d’être invitées pour parler des femmes. Nous voulons parler de nos œuvres en train de se faire. On veut montrer notre travail. » Et c’est ce que nous faisons du 15 septembre au 13 octobre à Évry-Courcouronnes, Ris-Orangis et Brétigny-sur-Orge. Le festival s’ouvre sur une exposition de 45 portraits « Femme plurielle, travaux singuliers », au théâtre de l’Agora. Une galerie de photos pris sur le vif ou des peintures de femmes dans leur milieu professionnel.

Comment faire progresser les mentalités vis- à -vis des artistes féminines ?

En montrant davantage leur travail. Le mouvement impressionniste est très populaire partout dans le monde. Des séries d'expositions à succès, une littérature abondante attestent de l’engouement du public pour les œuvres des peintres impressionnistes. Une exposition sur Monet ou Renoir est assurée de « faire le plein ». En revanche, Berthe Morisot ou Mary Cassatt, peintres impressionnistes reconnues, sont beaucoup moins célèbres et bien moins mises en avant. La dernière exposition sur Berthe Morisot date peut-être de 1997, dix ans ! La discrimination n’est pas forcément violente ni exprimée. Elle peut passer aussi par l’invisibilité, une autre forme de violence beaucoup ténue, plus difficile à identifier.

Le festival donne l’occasion d’une meilleure visibilité aux créatrices, la possibilité de réfléchir en allant à des colloques, de parler avec elles et aussi de se divertir. Ainsi le 7 octobre au Ciné 220 de Brétigny, nous accueillons la réalisatrice Tonie Marshall. C’est l’opportunité de voir ou revoir son film « Vénus Beauté », unique œuvre féminine à avoir reçu un César du meilleur réalisateur en 2000, puis de discuter avec elle. Nous présentons également en avant-première son prochain film « Numéro une », avec Emmanuelle Devos, sur les difficultés d’être femme et cheffe d’entreprise.

Et le statut de la femme dans l’art ?

A la question : « Où sont les femmes dans les musées ? », la réponse en forme de boutade est :
« Nues et sur une toile »
. Idem dans le cinéma. En les starifiant, Hollywood a figé les actrices dans des rôles dont elles ne pouvaient s’extraire. Marilyn Monroe en est l’illustration, cantonnée au statut de ravissante idiote. Même si elle essayait d’aborder des rôles plus tragiques, Hollywood la ramenait toujours à son image de bombe blonde, un enfermement loin de la création. Comme les photos de pin-up pour les calendriers. « To pin », signifie d’ailleurs en anglais, « épingler », un joli papillon mais inerte.

Le festival est l’opportunité de secouer ces préjugés. Dans la danse, par exemple, ce sont les femmes qui font bouger les marges et qui renouvellent cet art. Maguy Marin, Régine Chopinot, Bianca Li, Carolyn Carlson… Le documentaire de Marie-Hélène Rebois sur l’histoire de la danse contemporaine retrace leurs parcours, et nous transmet leur regard sur la chorégraphie. Et ça change tout !

11e et dernier festival Villes et Toiles, du 15 septembre au 13 octobre 2017.
Le cycle d’histoire de l’art prolonge les rencontres du festival à partir du samedi
14 octobre à 10 heures, médiathèque de Lisses.

Toute la programmation et infos sur www.prefigurations.com et sur www.prefigurationsrevue.com

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