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Pompes des papeteries d'Essonnes, patrimoine d'intérêt régional

Publié il y a 27 jours

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Le 4 juillet dernier, le Conseil régional d’île-de-France a décerné son label « Patrimoine d’intérêt régional» à deux sites remarquables de Grand Paris Sud : les pompes des papeteries d'Essonnes à Corbeil-Essonnes et la ferme de Varâtre à Lieusaint, l’occasion de redécouvrir des « monuments » ouverts au public lors des Journées du patrimoine.

Coup de projecteur sur la station de pompage des papeteries d'Essonnes à Corbeil-Essonnes, après l'attribution du label "Patrimoine d'intérêt régional" accordé en juillet dernier.


100 000 m2, 2 500 ouvriers, 120 000 kg de papier par jour en 1889, en quelques chiffres se dessine l’importance industrielle des papeteries d'Essonnes à Corbeil-Essonnes, définitivement abandonnée en 1997. Ne subsiste de ce lustre passé que le bâtiment des pompes d'Essonnes (photo ci-dessus) installé en bord de Seine. Mais de première importance et désormais labellisé par le Conseil régional d’île-de-France!


L'essor industrielle de la papeterie

Le saviez-vous ? C’est dans la fabrique de papier appartenant alors à la dynastie des imprimeurs Didot, qu’en 1798, Louis-Nicholas Robert met au point une machine à papier continu. Jusque-là, il fallait se contenter de simples feuilles. L’invention propulse l’imprimerie dans l’ère industrielle. Une vraie révolution dans le monde de la papeterie! Mais il faudra attendre le XIXe siècle et la famille Darblay pour assister à l’essor de l'usine de papier.

Non content d’avoir révolutionné l’univers du papier, le site, deux siècles plus tard, voit une nouvelle invention : le... Sopalin, acronyme de la Société du papier linge créée par la papeterie, en 1946 pour commercialiser un essuie-tout et des mouchoirs en ouate de cellulose. « Que le papier parle et que la langue se taise*. »

L'ère Darblay

C’est en 1855-1860 qu’Aimé Darblay, appartenant à la célèbre famille d’industriels du territoire, rachète l’usine. Passionné de technologies et d’innovation, le fils Paul investit dans de nouvelles machines et passe de la pâte à chiffons à la pâte à bois. En 1900, la papeterie possède 18 machines et fait travailler plus de 2000 ouvriers ! Elle atteindra d’ailleurs l’effectif de 23 machines et deviendra la plus importante fabrique de papiers d’Europe. Pour l’heure, l’usine s’étend.

Une architecture Belle Epoque

Il faut agrandir l’usine ! La famille Darblay se donne les moyens de ses ambitions et fait appel aux meilleurs bâtisseurs de l’époque: l’ingénieur et architecte, Paul Friesé, qui travaille à la construction du métro parisien, et son collaborateur Jules Denfer, promoteurs en France de la « beauté des usines ». 

Ci-dessous deux vidéos à 360°. Si vous avez un casque 3D, vous pouvez les visualiser en 3D, sinon, cliquez et découvrez l'histoire de l'ingénieur Paul Friesé et ses réalisations architecturales sur l'agglomération, et notamment à Corbeil-Essonnes, au port Darblay !

Pour faire du papier, il faut de l’eau. On bâtit une station de pompage au port des Bas-Vignons, qui est relié à l’usine par un tunnel ferroviaire. Les constructions en imposent. « Les façades en meulière sont d’inspiration néoclassique. Ouvertes de larges baies en plein cintre et fermées d’huisseries métalliques, elles sont surmontées de balustrades en ciment moulé. Elles sont par ailleurs soulignées par un soubassement en mortier cimenté. L’espace intérieur est composé de cinq travées dont les colonnettes en fonte supportent des toitures à deux pans étroits. », décrit le Conseil régional d’Île-de-France dans sa décision administrative. Les bâtiments constituent un ensemble harmonieux.

Les forges des Tarterets

Dans la perspective de concentration verticale propre à l’époque, la fabrique se diversifie et créé ses propres ateliers de fonderie. Ainsi, aux Tarterets, à Corbeil, elle dispose de sa propre fonderie où forgerons, soudeurs, fondeurs, s’activent. Jusqu’aux peintres qui décorent les machines car l’usine modèle accueille de nombreux visiteurs et clients qui s’y pressent : elle inspire confiance et les contrats affluent.

Une ville dans la ville 

Région principalement agricole, Corbeil et ses environs sont composés en majorité de paysans liés à leurs terres. Pour l’industrie qui manque de bras, la gageure est de les attirer vers les usines. Pour appâter cette main-d’œuvre, les industriels du XIXe siècle inventent un concept paternalisme d’aide aux ouvriers. Ils apportent au personnel un certain nombre d’avantages sociaux que la société ne peut pas encore leur fournir comme l’éducation, le logement, les soins médicaux. Dès 1840, la famille Darblay construit des logements, une école et même une chapelle. La direction crée un peu plus tard une caisse de secours pour fidéliser les ouvriers. Mais l’Âge d’or des industriels français s’étiole. La papeterie passe de mains en mains. Scindée en deux entités, l’une, les papeteries de l’Essonne et la seconde, la Compagnie industrielle du papier, ferment définitivement en 1996. Ne demeurent en bord de Seine que les pompes d'Essonnes. Fin d’une époque.

Une restauration attendue

Longtemps abandonnées, les constructions des pompes, grâce à leur nouveau label, seront l’objet de restauration. En effet, l’appellation permet de protéger et de préserver (entretien et rénovation) les sites du patrimoine francilien non classés et  inscrits aux Monuments historiques. La rénovation de cet ensemble architectural monumental s’inscrit dans le cadre d’un projet de valorisation du parc public des Bas-Vignons traversé par la future eurovéloroute N° 3.

Les journées du patrimoine

Vous ne connaissez pas le bâtiment des pompes d'Essonnes? Les journées du patrimoine sont faites pour ça ! Dans leur cadre, l’agglomération organise la visite de dix sites remarquables, dont  le bâtiment des pompes et le port des Bas-Vignons.

Informations

Visite proposée par Grand Paris Sud Seine-Essonne-Sénart avec la participation du service Patrimoines et Inventaire de la région Île-de-France. Dimanche 16 septembre de 10 h à 12 h 30.

Réservations obligatoires auprès de l'office de tourisme à Corbeil-Essonnes : 01 64 96 23 97.
15 personnes par visite maximum – Durée : 45 min environ. Départs à 10 h, 10 h 30, 10 h 45, 11 h 15, 11 h 30. Merci de prévoir des vêtements longs et des chaussures fermées. Site non accessible aux personnes à mobilité réduite. Port Darblay, chemin de halage (au niveau du 132 chemin des Bas-Vignons)

*Miguel Cervantès.

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