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La station de pompage des Papeteries d’Essonnes, à Corbeil-Essonnes, un patrimoine d’intérêt régional

Publié il y a environ 2 ans

Le 4 juillet dernier le Conseil régional d’Ile de France a décerné son label « Patrimoine d’intérêt régional » à deux sites remarquables de Grand Paris Sud : l’ancienne station de pompage des papeteries d’Essonnes située sur le parc des Bas-Vignons, à Corbeil-Essonnes et la ferme de Varâtre, sur le Carré Sénart, à Lieusaint.

La station de pompage (nouvellement labellisée)

Sous l’égide de la dynastie industrielle Darblay, propriétaire des Papeteries de 1867 à leur fermeture en 1996, Paul Darblay (1825-1908), ingénieur et maire de Corbeil, donne aux Papeteries un essor fulgurant qui justifie la construction d’une station de pompage sur la Seine, en 1889.

La station de pompage vient prendre place au sein d’un vaste site papetier sur 2 lieux :

  • Sur la vallée de l’Essonne, une usine produit massivement du papier pour les grands journaux quotidiens de l’époque, raccordée aux voies ferrées pour l’expédition des produits finis.
  • Sur la Seine, sur la rive gauche, un port industriel, baptisé Port-Darblay permet l’expédition mais aussi l’approvisionnement en matières premières. Une voie de chemin de fer percée dans le coteau relie le port à l’usine.

Aujourd’hui, sur la rivière Essonne, ne reste de l’usine qu’un élément de façade surplombant la rivière et la maison patronale. Sur la Seine, au sein du parc des Bas-Vignons, demeurent des vestiges du Port-Darblay et l’imposant bâtiment de la station de pompage. C’est cet édifice qui vient d’être labellisé par la Région Ile de France, au titre du nouveau label « Patrimoine d’intérêt régional ».

Un site en bord de Seine : Port-Darblay

Paul Darblay engage une stratégie de diversification des matières premières et de développement du réseau commercial. À partir de 1869, les matériaux de fabrication se diversifient : des succédanés du chiffon sont déchargés au port des Bas-Vignons (paille, pâte à papier mécanique de Scandinavie et d’’Allemagne, première cellulose chimique de France, développée en Autriche). L’entreprise exporte désormais à l’international. Dans le même temps, Paul Darblay souhaite contrer la concurrence et baisser les coûts d’approvisionnement en matières premières. Car si les papeteries d’Essonnes, raccordées à la voie ferrée, étaient favorablement situées pour l’expédition des produits, elles l’étaient beaucoup moins quand il s’agissait de l’approvisionnement en matières premières : charbon, bois, paille etc. Le coût d’un acheminement par voie ferrée était bien supérieur à celui par le fleuve. Aussi, Paul Darblay décide-t-il de créer un port sur les berges de la Seine, sur une emprise de 10 hectares, au lieu-dit les Bas-Vignons et de le relier aux papeteries.

Le port est aménagé en 1887. Il déploie des infrastructures performantes (notamment, un quai de débarquement de 100 mètres de long, trois grues à vapeur, un pont transbordeur) pour le déchargement de matières premières et le chargement des produits finis à hauteur d’un mouvement dépassant 100 000 tonnes par an en 1889. Un réseau de voies ferrées relie directement le port à l’usine grâce au creusement d’un tunnel de 706 mètres de long, dans le coteau qui sépare la vallée de la Seine et celle de l’Essonne.

Pourquoi une station de pompage ?

La construction de la station de pompage (1889) répond aux enjeux de développement du site industriel. La production croît et génère donc des besoins supplémentaires en eau auxquels les pompes de l’usine placées sur l’Essonne ne peuvent faire face. Paul Darblay décide donc de se tourner vers la Seine et d’installer une nouvelle station de pompage à proximité du port.

En somme, la construction de la station de pompage répond aux besoins d’une industrie lourde en plein essor, à la nécessité d’accroître l’apport en eau (malaxage d’une quantité colossale de matières premières et sécurisation de l’usine contre les incendies) en puisant dans la Seine lorsque l’eau de l’Essonne ne suffit plus.

La station de pompage abrite en 1889 quatre pompes mues par deux machines à vapeur d’une puissance de 100 chevaux. Elle puise l’eau, filtrée puis acheminée vers les Papeteries par une conduite en fonte de 60 cm de large jusqu’à un réservoir situé au sommet de la colline séparant les deux vallées, à 25 mètres de hauteur, avant de redescendre vers les ateliers de production de l’usine. La capacité d’approvisionnement en eau par la station de pompage est de 25 000 m3 par jour, à raison de 300 m3 par seconde.

Pour les Journées du Patrimoine

Venez visiter ce beau bâtiment, œuvre de Paul Friesé et Jules Denfer, défenseurs de la « beauté des usines » et suivez le parcours de cette eau si nécessaire au fonctionnement de l’usine. Elle vous transportera au temps du port industriel, à une époque où péniches, grues, parcs à charbons, pont transbordeur, locomotives et wagonnets se pressaient sur cette partie des berges de Seine.

Visite proposée par Grand Paris Sud Seine-Essonne-Sénart avec la participation du Service Patrimoines et Inventaire de la région Île-de-France.

Réservations obligatoires auprès de l'office de tourisme à Corbeil-Essonnes : 01 64 96 23 97.


15 personnes par visite maximum – Durée : 45’ environ. Départs à 10h, 10h30, 10h45, 11h15, 11h30.
Merci de prévoir vêtements longs et chaussures fermées.
Site non accessible aux personnes à mobilité réduite.
Dimanche 16 septembre de 10h à 12h30
Port Darblay, chemin de halage (au niveau du 132 chemin des Bas-Vignons)

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