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L’envers du décor du Théâtre de Corbeil-Essonnes

Publié il y a 6 mois

Théâtre, jazz, cirque, jeune public, humour, master class et compagnie en résidence, la scène du théâtre de Corbeil est ouverte à tous les vents artistiques. Et le courant entraîne vers elle un large public et les artistes les plus divers. À son bord, une petite troupe pour animer ce bateau-phare.

Dès le premier abord, ce qui surprend, c’est sa hauteur. Le théâtre de Corbeil-Essonnes a été construit en 1973 au-dessus d’une caserne de pompiers, d’où l’empilement d’étages. Une fois l’effet de surprise passé, le spectateur franchit le seuil du bâtiment et entreprend sa première montée des marches. 

Comme une vague de bois, une rampe d’escalier le conduit au comptoir d’accueil où l’attend le premier sourire du théâtre, celui de Sofia. Emblématique du lieu, cette rampe marine tout en courbes douces, a une histoire.

Taillée à l’origine par un artisan, son enveloppe de bois a été restaurée en 2013 dans les règles de l’art de l’ébénisterie. Le directeur du théâtre, Mahfoud Sadi, explique que les enfants ont surnommé cette rampe avec laquelle ils jouent beaucoup – d’où la rénovation de 2013 –, « la baleine ». 

Eil enchaîne : « Tout comme les marins sur un bateau, les techniciens hissent les toiles des décors, descendent les rampes d’éclairage. Traditionnellement, les machinistes et les monteurs de décors étaient recrutés parmi les anciens de la marine. Ils ont introduit dans le monde du spectacle leur langage, leur savoir-faire et aussi leurs superstitions ».

Mahfoud Sadi: suivez le guide !

Ainsi, sur un plateau, il n’est jamais question de corde – référence à la corde du pendu – mais de filins ou de chanvres. Les cintriers maintiennent en l’air les équipements, chargent le rideau (descendent) ou appuient (montent) les cintres, tandis que les soutiers manœuvrent sous le plateau. Un spectacle est un voyage. Le public embarque pour jouir d’une traversée artistique et ne doit rien soupçonner de ce qui se trame dans les coulisses. «Les techniciens sont les hommes de l’ombre, indispensables à la scène. 

Le plus beau texte écrit à ce sujet, est celui de Louis Jouvet: Le Machiniste. Lui savait bien ce que le spectacle vivant leur devait.» Philippe, le régisseur de plateau, intervient: « Un spectacle comme Les Rustres de Goldoni, qui a eu lieu il y a quelques jours, c’est 3,5 tonnes de décors, d’équipements, d’éclairages... La pièce de théâtre, présentée par la Comédie française, ne sera jouée qu’un seul soir à Corbeil-Essonnes, mais nécessitera deux jours de montage, et seulement trois-quatre heures de démontage. Nous sommes des bons à rien qui savons tout faire! », souligne-t-il dans un clin d’œil. 

Mahfoud Sadi recommande : « D’ailleurs, pour découvrir les coulisses du théâtre et faire connaître aux jeunes toutes les opportunités des métiers qu’offre l’univers de la scène, nous organisons des visites plusieurs fois par an. Les différents corps de métiers expliquent leur travail aux curieux*. »

Puis, le directeur se dirige côté cour, avant de grimper quelques marches pour rejoindre les loges des artistes. Au passage, il ne va pas manquer d’égrener des anecdotes sur des comédiens, illustres ou moins. Mais c’est une autre histoire... 

* Envers du décor, prochaine visite tout public des coulisses, le 17 janvier à 19 heures. Réservation au 01 69 22 56 19

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