Chargement...

©2016 Grandparissud.fr
Tous droits réservés

Festival Street Art : Roti, un artiste passionné aux multiples facettes

Publié il y a environ 3 ans

  • Actualités
  • Festival Street Art : Roti, un artiste passionné aux multiples facettes

Tailleur de pierre, sculpteur, tatoueur, street-artiste... Roti est un artiste entier. Cet autodidacte a séjourné 6 jours à Évry-Courcouronnes pour réaliser une fresque de 33 mètres de long dans le cadre du Festival Street Art. Située rue Stephenson, elle accueille les voyageurs à leur sortie de la gare Évry-Courcouronnes Courcouronne. Rencontre...

Initié à la sculpture par ses parents, tous deux sculpteurs, Il a commencé à faire du graffiti très jeune, puis a appris la taille de la pierre, pour laquelle il a développé un profond amour. Il a pu se perfectionner grâce à l’apprentissage, en s’intéressant à la sculpture classique et en travaillant notamment l’ornementation et les gargouilles. Roti en est ensuite arrivé à faire de la statuaire. Il aime travailler le marbre, donner vie à quelque chose d’inerte.

Quel a été votre parcours?
Je viens du milieu de la pierre et aujourd'hui je vis essentiellement de mon activité de tatoueur. Les murs me permettent de compléter ces revenus et de rencontrer des personnes différentes. Celles qui s'arrêtent pour discuter.

Comment vous-êtes vous formé à la sculpture ?
C’est un milieu assez intemporel et organisé de manière relativement chaotique, régi, un peu comme le graffiti, par des lois non écrites qui découlent de la contrainte du matériau (dur, fragile, lourd) qui peut se travailler dans tous les volumes. Quand on commence à travailler dans ce milieu-là, on commence par l’apprentissage, à souffrir, à connaître le matériau, à en tomber amoureux au fur et à mesure. C’est souvent un parcours difficile qui peut évoluer en fonction du caractère de chaque personne.

Moi je voulais faire de la sculpture car mes parents sont sculpteurs. Sauf qu’en France, il n’y a pas d’école de sculpture sur pierre ou sur marbre car on n’a pas cette tradition du marbre. Pour avoir du résultat, il faut se construire un petit radeau et voguer à contre-courant sur un fleuve en pleine crue. On commence par tailler des cailloux, dans un style souvent gothique. Grâce à ce style, on peut avoir accès à des travaux d’ornementation végétale, des têtes de chiens, très pratiquées dans la restauration de monuments historiques français et avec un peu de chance une chimère, une gargouille. Après on a suffisamment de savoir-faire pour effectuer du modelage. Le fantasme ultime est de pouvoir faire des bustes de personnes vivantes. Avec beaucoup de travail, au bout de 5 ans, mes embauches m’ont permis de faire des bustes et des statues en marbre. J’ai travaillé avec un peu trop d’acharnement pour arriver à ce résultat. A 22 ans, mon corps ne pouvait plus supporter ce travail de manutention. J’étais arrivé à un niveau de fatigue physique trop lourd pour mon esprit. J’ai voulu sortir de ce milieu.

C'est à ce moment que vous avez changé de carrière ?
En quelque sorte mais c'est aussi un héritage. A l’adolescence, je faisais beaucoup de graffitis et de tags. J’ai tout plaqué pour aller à New York, c’est comme ça que je me suis mis à repeindre des murs. Avec toute cette accumulation d’ésotérisme, de symbolisme que j’avais croisé au fur et à mesure des chantiers de cathédrales, d’églises, d‘ateliers de sculptures. Ces fresques étaient complètement illégales mais étaient d’une beauté ultime. Je défiais les lois avec un peu trop d’assurance mais ça a payé car ça m’a permis de respecter ce style qui s’est développé dans cette re-quête du graffiti. Les murs m’ont fait voyager de manière confortable.

Cela vous a permis de repartir sur votre première passion ?
Oui, j’en suis arrivé au point de pouvoir faire ma propre sculpture. C’était un rêve d’enfant car mon père et ma mère ont réalisé leurs propres sculptures. La créativité m’a mené ici. La taille directe sur le marbre est une quête très spirituelle car c’est une matière vivante qui a des contraintes magnifiques à sublimer, qui peuvent nourrir l’âme et vous amener très loin.

Est-ce que vos œuvres en marbre sont visibles dans l'espace public ?
Oui, mais pas en France. Une de mes pièces en marbre de 5 tonnes était sur la place Maïdan à Kiev. Elle a été posée de façon complètement illégale. Hors une attaque a eu lieu sur cette place en février 2014, qui a fait 100 morts. Pendant un an et demi, cette pièce est devenue un monument où les gens venaient se recueillir. Elle est dans le stock du Musée de la révolution. Le marbre permet au peuple de graver sa propre histoire.

Que représente votre œuvre ?
Oui, l'image est esthétique mais mon but n'est pas de faire des choses mignonnes. Je suis là pour être sincère avec moi-même et exprimer ce que je ressens. Cette fresque peu paraître douce : c'est l'histoire du corbeau et du renard mais le Renard écrit avec une plume du Corbeau dans un environnement urbain omniprésent. Il y a beaucoup de symboles, plus ou moins cachés, mais c'est à chacun de les découvrir, de leur donner le sens de sa propre histoire.

Rendez-vous rue Georges Stephenson à Évry-Courcouronnes (à proximité de la gare).

 

En poursuivant votre navigation, vous acceptez l'utilisation de cookies qui permettent de réaliser des statistiques anonymes de fréquentation de ce site internet. En savoir plus