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ÉVRY, VILLE OUVERTE, VILLE CACHÉE

Publié il y a environ 2 ans

Enseignant en peinture et dessin au service des arts visuels, professeur d’histoire de l’art en classe prépa du service des arts visuels et à l’université d'Évry-Courcouronnes, membre – très actif – de trois associations artistiques et numérique, Franck Senaud jongle, l’air de rien, avec ses multiples activités. Un trait commun pourtant les relie : Évry-Courcouronnes, la ville dont il est tombé amoureux il y a près de 25 ans. Il y travaille, il y vit - dans le quartier des Pyramides - et nous fait découvrir une cité plus mystérieuse qu’il n’y paraît.


« Surgi de terre dans les années 70, Évry-Courcouronnes reste un lieu d’utopies. Un futur tel qu’on l’imaginait il y a près de 50 ans. Un rétro-futurisme en quelque sorte, explique-t-il. Des passages insoupçonnés relient des places aux places, différents niveaux de circulation – voiture, bus, train, voie piétonne,- permettent de se déplacer sur des plans distincts en toutes sécurité. En plein centre, les enfants peuvent aller, venir et jouer sans risque. Une cité idéale où le bien-être de l’habitant est placé au cœur de l’architecture. C’était l’ambition des personnes qui l’ont bâtie.»

SES LIEUX COUP DE CŒUR
Premier arrêt, bibliothèque universitaire que Franck Senaud connaît bien en tant que professeur et usager. Mais à la différence des structures de ce type, pas besoin d’être étudiant pour y accéder, elle accueille tout le monde. Il suffit de demander une carte d’accès. Autre avantage, elle est ouverte jusqu’à 19 heures, et son cadre sobre, ses grandes baies vitrées ouvertes sur le parvis en font un lieu de quiétude. Station suivante, la cathédrale. Imaginée par l’architecte Mario Botta, elle est construite comme jadis, au cœur du centre-ville. À proximité, le pouvoir temporel représenté par l'hôtel de ville, la chambre de commerce, et le savoir, par l'université d'Évry-Courcouronnes-Val d'Essonne. Toute proche, la gare d'Évry-Courcouronnes permet une ouverture sur l’extérieur. « Depuis le parvis, on perçoit tous les bruits de la ville, de la circulation urbaine. En faisant quelques pas de plus, un décroché architectural, et l’on débouche sur une petite place. Plus aucun bruit. Un tour de passe-passe acoustique qui n’a pas échappé aux Yamakasi* qui viennent s’y entraîner. Ce square au calme est représentatif de l’esprit d'Évry-Courcouronnes : au moment le plus inattendu, une surprise, non pas gratuite mais qui rend la vie plus douce aux habitants. Un petit plaisir secret !»

SES RESTAURANTS
Place Monseigneur-Roméro, le restaurant Al Tannour est le QG de Franck Senaud. « Non seulement, la cuisine syro-libanaise est excellente, mais l’accueil est chaleureux. Nourriture et art y font bon ménage puisque tous les deux mois, des artistes locaux – dessinateurs de BD, graphistes, calligraphes –, exposent leurs créations. Et c’est aussi dans ce restaurant qu’ont lieu chaque samedi entre des 10 et 12 heures des cours d’histoire de l’art dans le cadre de l’association Préfigurations. Une façon d’allier les plaisirs de la bouche à ceux de l’esprit, de prouver que l’art n’est pas un monde inaccessible, réservé à une élite. Et se retrouver régulièrement dans un établissement de quartier crée un lien social.»

Autre station incontournable pour le petit café du matin de notre guide, le bar O’ Ptit Parisien, cours Blaise-Pascal.

SES DEAMBULATIONS ARTISTIQUES
Évry n’est pas seulement une ville qui recèle des curiosités et les découvre à qui prend la peine de se pencher sur elle. C’est aussi, un lieu ouvert aux artistes. Inscrite dans son patrimoine architectural comme un ADN, la Cité des artistes accueille 40 ateliers d’artistes. Des locaux de plain-pied réservés aux sculpteurs sont pourvus d’un treuil afin de soulever les pièces lourdes, tandis qu’au second étage, des appartements avec verrière offrent un maximum de luminosité aux peintres. Mais depuis quelques années, le Street Art, qui fait sauter les codes artistiques classiques, envahit les rues de la ville et la réenchante. En particulier le duo Monkey Bird. « Ils ont créé 15 œuvres au pochoir, disséminés à travers la cité. À nous de les chercher, de les découvrir, explique Franck Senaud. C’est un peu comme une chasse au trésor. Ces jeunes artistes de 25 ans ont établi un dialogue particulier avec Évry-Courcouronnes. Comme elle, ils offrent au regard une première lecture de leurs créations, lisible par tous. Puis à bien y regarder, un deuxième, un troisième sens se dégagent. A l’image de ces villes « qui ne font aucun signe, mais qu'il faut patiemment interroger. »

* : Les yamakasi, ou comment se déplacer en zone urbaine, un mouvement de haute voltige né à Évry-Courcouronnes.

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