Chargement...

©2016 Grandparissud.fr
Tous droits réservés

Caffin - Le succès de fil en aiguille

Publié il y a 8 mois

Installés depuis 2014 dans leur show-room de Corbeil-Essonnes, Valérie et Michaël Caffin, respectivement décoratrice et tapissier, aimantent les visiteurs, voisins ou clients étrangers. Leur réussite est telle que l’équipe s’est étoffée de professionnels à leur image, chaleureux et attentifs.

Sur le perron d’une élégante demeure bâtie en 1870, Sandrine, accueille les visiteurs et les introduit dans le show-room, vaste caverne d’Ali Baba où s’ordonnent des trésors de tissus, tendus sur des présentoirs ou artistement exposés dans d’anciens miroirs. Le regard saute de merveilles en velours de soie à des tentures brodées main. Coloris sages ou explosions de couleurs. La fée de ce lieu magique ? Valérie Caffin. Michaël, homme de l’ombre et de talent, œuvre à la partie technique.

« Depuis que nous nous sommes installés ici, le lieu ne désemplit pas, explique Valérie. Les gens des environs viennent pour acheter un plaid et reviennent pour des rideaux, la réfection de sièges... Le bouche-à-oreille fonctionne à plein car nous prenons le temps d’écouter les clients, de comprendre leur demande et de choisir avec eux. Que ce soit pour l’achat d’un coussin ou la rénovation d’un grand hôtel, nous apportons le même soin et la même exigence. Et nous veillons à ajuster nos prestations à l’argent prévu par le client. »

PETITE APPARTE SUR UNE BATISSE D’EXCEPTION

Avant d’accueillir Valérie, Michaël et leur show-room, l’imposante demeure de la rue de Champlouis a hebergé de nombreux pensionnaires. Le bâtiment a été construit en 1877 sur un terrain acheté grâce à William Galignani, éternel bienfaiteur de la ville de Corbeil. C’est en 1878 qu’ouvre l’orphelinat Galignani de Corbeil, composé d’un ouvroir, d’ateliers d’apprentissages et d’une école de filles. Par manque de financement, l’orphelinat qui était tenu par des sœurs de Saint-Vincent-de-Paul, s’est vu transformé en maison de retraite en 1951, puis en bureaux après le transfert de la maison de retraite dans l’ancien hôpital Galignani en 1985. Ce lieu de mémoire cher aux corbeil-essonnois s’offre une énième jeunesse entre les mains de Valérie et Michaël Caffin.



LA SALLE DES TRESORS

Valérie entraîne les visiteurs dans une seconde pièce, où trône un bureau repeint dans un joli jaune vif. Elle est tendue de tissu des murs au plafond – 4 m de hauteur ! Effet cocooning garanti ! Valérie témoigne : « Les tentures murales étaient très à la mode dans les années 70 mais ont été abandonnées pour des questions d’hygiène. Les techniques modernes et les traitements anti-acariens ont permis leur retour en force tant elles sont agréables au toucher et offrent un confort acoustique sans pareil. » Grège aux murs, noir au plafond d’où ruisselle un lustre en Murano noir, l’effet est saisissant.



L’AVENTURE AU CARROUSEL DU LOUVRE

Valérie enchaîne. « Le président de la chambre des Métiers d’art était venu nous solliciter pour exposer au Carrousel du Louvre organisé en décembre 2016. Une fois notre projet sur papier, nous l’avons soumis au jury du Carrousel, qui l’a accepté. Nous avons minutieusement reconstitué le futur stand dans le show-room. Et le jour J, il n’a fallu que quelques heures pour l’aménagement au Carrousel. La banquette exposée, elle aussi, a tout une histoire. L’idée de départ était de montrer ce qui est invisible. Le dessous dessus. Le pourtour du dossier est donc le piquage en crin à l’état brut. Le dossier proprement dit est tendu d’un tissu d’inspiration massai, jaune et bleu, tandis que l’assise est recouverte d’un velours de soie uni sombre. L’association des contraires a beaucoup plu aux visiteurs et les retours ont été très positifs. »

LA BRASSERIE LE PALAIS

De rencontres en créations, il n’y a qu’un pas. Valérie raconte : « En allant déjeuner au restaurant à Corbeil avec Michaël, nous bavardons avec le patron qui vient d’acquérir un lieu à Évry et désire le métamorphoser en brasserie chic. Il vient au show-room. Nous lui proposons des matières, des couleurs, il choisit les tissus. Résultat, nous réalisons un ensemble contemporain, dans les coloris wengé avec une pointe de rouge tandis que les banquettes et le bar sont en similicuir. Pour les rideaux, nous optons pour un tissu à rayures noir, taupe et prune. Nous le conseillons jusque dans le choix des tableaux, des légumes rigolos qui donnent une note humoristique à l’ensemble. » Autre aspect auquel l’équipe apporte un grand soin, la sécurité. Les rideaux sont en Trévira, une matière anti-feu qui reste naturelle et brillante*.



LONDRES 2017

Non il ne s’agit des futurs JO, mais l’équipe doit garder une forme olympique pour boucler cette commande qui court depuis août 2016. Imaginez une vieille demeure victorienne du quartier chic de Notting Hill à Londres. Vingt-deux fenêtres à habiller de stores, de rideaux, des chambres de 30 m2 de 3,50 m sous plafond. Dans l’atelier, les deux couturières s’activent à temps plein. Elles cousent à la main des « kilomètres » de rideau afin que les ourlets soient invisibles, tandis que dans un second atelier, le tapissier s’applique à rénover des sièges, style années 60, avant de les recouvrir d’un velours de mohair vert tendre, si doux au toucher. Comme pour une collection haute couture, un premier essayage à Londres est prévu en mars. Chaque intervenant de l’équipe a l’exigence d’aller au bout des choses dans une chaîne où tous les détails comptent. Le secret du succès de la tribu Caffin ?



* Le Palais : 17 allée Jacquard 91000 Évry

Renseignements : ateliers Caffin ; www.lesatelierscaffin.com ; 22 rue Champlouis 9110 Corbeil-Essonnes ; tél. : 01 60 89 80 28.