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Aviron : le retour des « Culs gelés » !

Publié il y a 3 mois

Épreuve mythique s’il en est, la régate des « Culs gelés » est une compétition incontournable pour les amateurs d’aviron. À la faveur de l’édition 2019, qui se déroulera le 20 janvier, nous avons rencontré Pascal Beaussart, le président du club du Coudray-Montceaux, organisateur de la régate.

Présentez-nous la régate

Il s’agit d’une compétition de 25 km contre la montre, en équipes de 4 rameurs et un barreur. Il y a 3 catégories de classement : hommes, femmes, et mixte. Il doit nécessairement y avoir 2 femmes dans la catégorie mixte. C’est un aller-retour. On part du Coudray-Montceaux, en Essonne, et l’on rame jusqu'au barrage des Vives-Eaux à Boissise-la-Bertrand, en Seine-et-Marne, pour faire demi-tour autour d’une grosse bouée afin de revenir au Coudray-Montceaux. C’est la 23è édition. Nous n’avons jamais eu d’interruption.

Pourquoi les « Culs gelés » ?

Ce nom est arrivé la 2e année. Les équipes mettaient souvent des jeunes de 12 ou 13 ans à la barre, car ils sont légers. Mais ils ne savent pas gérer le froid ! Or, cette année-là, il s’est mis à neiger… Au bout de 2h, beaucoup étaient frigorifiés. Quand nous les avons récupérés transis de froid à l’arrivée, nous les avons assis un sur un radiateur avec un bol de soupe. C’est alors que quelqu’un est entré dans la pièce et s’est exclamé : « Oulala, ils ont le cul gelé ». L’expression est restée. Le bouche à oreille a fait le reste.

Pourquoi une compétition à cette période ?

C’est aussi ce qui a participé au succès de l’épreuve. Il y en a peu au calendrier sportif à cette période de l’année. En fait, en ramant ici, j’avais constaté qu’en janvier la pratique de l’aviron sur la Seine ne posait pas de problème. La période la plus compliquée se situe après, au moment du dégel, quand le courant augmente. J’ai donc proposé une compétition en janvier, ce qui était rare. Les clubs ont tout de suite adhéré. D’autant que ça permettait de remotiver les rameurs qui avaient du mal à revenir au club après les fêtes de fin d’année, à cause du froid hivernal. Tout à coup, il y avait un objectif pour le club. Dès le mois d’octobre, il fallait préparer les « Culs gelés ».

Quelle est la grande particularité de cette régate ?

Sa distance se situe juste au-dessus de la distance habituelle des parcours d’entrainement, qui se situent plutôt entre 16 et 20 km. Mais 25 km, ça commence à faire et, bien souvent, les 5 derniers kilomètres font mal. Aujourd’hui, notre compétition est devenue une épreuve phare du calendrier national de la Fédération d’Aviron. C’est comme un rite initiatique. C’est une épreuve dont on est fier et qu’il faut faire absolument. Les rameurs en parlent entre eux.

Parlez-nous du parcours

Le parcours forme un grand Z majuscule. Ça signifie qu’il y a 2 virages et 3 lignes droites à l’aller et au retour. Ça a son importance car, quand le vent est dans le sens du courant, il y a peu de remous. Mais s’il est à contre-courant, cela augmente les clapots et donc l’instabilité de l’embarcation. Les conditions de navigation peuvent donc être très variables. Notamment dans la dernière ligne droite avant l’arrivée.

Qu’est-ce que les rameurs préfèrent dans cette compétition ?

Notre club n’est pas sur l’eau. Nous nous dédions entièrement à l’organisation. Et je crois que ça se ressent. J’ai 45 bénévoles sur la régate pour un club d’une cinquantaine d’adhérents. Nous avons 7 bateaux de sécurité sur l’eau, ce qui fait 14 personnes, et 3 points de chronométrages. Le premier chrono pris au pont de Saint Assises (Saint Fargeau Ponthierry) permet de demander aux équipes trop lentes de faire demi-tour afin de respecter les accords préfectoraux d’arrêt de la navigation commerciale et d’être en capacité de donner les résultats de la compétition dans un délai raisonnable. Nous avons aussi des personnes qui gèrent le parking et les remorques à bateaux, d’autres pour le filtrage Vigipirate, d’autres encore à la buvette… Et il y a une douzaine de bénévoles qui aident les participants à sortir leur bateau de l’eau après la régate. Pour le participant, c’est parfois très difficile de le faire après avoir ramé.

Combien de participants attendez-vous ?

Les inscriptions seront closes le 12. Au 6 janvier, nous avions 28 clubs et 58 bateaux engagés. 96 filles font partie des équipages. Je pense qu’on sera autour des 70 bateaux cette année. Nous avons un club belge, 2 clubs de Lyon, et quasiment tous les clubs du coin… Celui de Soisy-sur-Seine, qui a eu le record du bassin pendant longtemps, et celui d’Évry SCA2000 qui cherchera à récupérer son record en féminin... C’est Belbeuf, en Normandie, qui a le record en mixte. Il est d’ailleurs chaque année sur le podium. Selon les éditions, nous pouvons avoir des concurrents de très haut niveau. En 2017, le club de Chambéry-Le Bourget était venu avec un équipage dont l’un des membres était vice-champion du monde et un autre médaillé de bronze aux Jeux olympiques. Ils ont établi un record historique : 1h40’1’’ (15 km/h de moyenne à la force humaine). Globalement, ceux qui passent sous les 2 heures sont d’anciens champions de France. Ça signifie qu’ils font au moins du 12,5 km/h, ce qui n’est pas simple quand il y a en plus le demi-tour à négocier et que la montée se fait à contre-courant.

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