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ASTRO TROUE LES TOILES

Publié il y a 24 jours

Avec Astro, le Wall Street Festival s’enrichit d’une nouvelle dimension : l’abstraction. L’artiste utilise les ressources et les contraintes de l’architecture moderne pour transporter le spectateur au-delà du cadre urbain. Sa performance à Grand Paris Sud débute le 11 octobre, à Corbeil-Essonnes.

Originaire de Villiers-le-Bel dans le Val d’Oise, Astro commence à créer en 2000 en banlieue nord. Puis il se démarque progressivement de la lettre, emblématique du tag, pour inventer son propre style. Avec Kanos, autre Street artiste, ils créent un concept, le CelloGraff, un film étirable sur lequel ils « bombent » de la peinture sans support de mur. L’intérêt ? Dessiner en plein jour où bon leur semble sans être inquiétés. Depuis, Astro explore en solo de nouveaux horizons en trompe-l’œil.
Après la façade d’un immeuble à Vitry-sur-Seine, Astro a peint une fresque monumentale aux abords du stade de France à Saint-Denis, dont la totalité n’est visible que par drone, avant d’aller « sculpter» les murs du Portugal, Los Angeles, New York et de Mexico.


UNE TECHNIQUE ETOURDISSANTE

L’artiste utilise volontiers la peinture noire et blanche avec laquelle il joue, produisant de violents contrastes qui provoquent une impression de flux. En cela, il se rattache au mouvement Op Art et à Vasarely qui faisait de l’illusion optique un art mural. Il avoue lui-même ses influences « J’aime les arabesques de Mucha, les illusions de Vasarely, l’abstraction d’Hartung ». Depuis quelques années, il ajoute un nouvel ingrédient : la couleur.

A la sobriété des teintes répond la luxuriance des motifs qui s’entrelacent comme dans l’art nouveau, s’imbriquant les uns dans les autres. Un équilibre optique déjà trompeur. Ces calligraphies semblent se répéter à l’infini, à l’identique ou presque. Le choix minimal de formes et de couleurs instille un rythme et une impression de familiarité au spectateur, déjà prêt à se laisser séduire et embarquer dans les voyages d’Astro.

SOLEIL ET OMBRE

La répétition des ornementations, où se cachent un œil, un sigle de paix, compose un ensemble abstrait. Le travail de l’artiste pourrait s’arrêter là, mais il a un autre dessein. Aux couleurs et aux calligraphies, il ajoute l’ombre et la lumière qui modèlent l’œuvre, lui donnent du relief, la projettent dans la troisième dimension. Le motif, formant revêtement et dallage, plonge soudain dans l’ombre : un tunnel surgit, un puits… Là où règne le clair-obscur, l’illusion domine.


VERTIGO

Jeu de couleurs, soleil et ombre entraînent le regard à glisser vers l’infini. Le spectateur est comme aspiré par le gouffre optique qui s’ouvre. Les formes courbes l’enserrent, tourbillonnent et l’attirent vers une trouée, une nouvelle naissance. Faisant feu de tout bois, l’artiste métamorphose l’architecture de banlieue en rampe de lancement vers les étoiles. « L’immersion, c’est ma démarche artistique : importer les spectateurs à l’intérieur de mon style, de mon œuvre, en créant des illusions qui les emmènent loin, jusqu’à trouer la toile. » Embarquement immédiat.

http://astrograff.com/

Du 11 au 13 octobre, à l'école Montagné des Glaises, à Corbeil-Essonnes